comment réagir aux petits bobos et aux larmes


Il est parfois difficile de réagir calmement lorsque les enfants se font mal et se mettent à hurler à tue-tête.

Quelques conseils pour guider vos réactions.

- Il est normal que l’enfant pleure et hurle pour marquer sa souffrance.

- L’enfant doit comprendre très tôt que l’on naît pour vivre et que la mise en danger de sa personne est un interdit. Aussi, il est nécessaire d’interdire à l’enfant d’entreprendre des aventures par trop téméraires pour son âge. Votre enfant a besoin de ces limites pour apprendre à connaître le danger. Très souvent les enfants casse-cou manifestent justement par leur comportement la recherche de limites.

- Ce n’est que vers l’âge de 5 ans qu’il est possible de passer avec votre enfant de petits contrats de gestion du danger du type : - "je suis d’accord que tu fasses ceci ou cela, mais sous mon contrôle...".

- Il est nécessaire de garder son calme car un énervement de votre part ne pourra que désarçonner l’enfant et augmenter son désarroi.

- Il est important de réagir vite et de ne pas laisser s’installer chez l' enfant le sentiment que sa souffrance n’est pas comprise. Des gestes symboliques, un souffle sur la partie tuméfiée, un bisou sur le front sont souvent des chasse-douleur efficaces. Vous observerez alors à quel point le désarroi de l’enfant est fluctuant.

- Il importe en tous les cas d’entendre la souffrance de l’enfant sous la forme : - "j’entends que tu te sois fait mal...".

- Si l' enfant s’est fait mal en bravant des interdits évidents, il peut être utile de lui montrer calmement les conséquences de ses actes, afin qu’il apprenne par l’expérience.

- L' enfant doit gagner en confiance malgré l’échec provisoire. Aussi, il importe de le valoriser, de le convaincre que son entreprise était justifiée, de l’encourager à répéter l’action de manière positive, éventuellement sous votre contrôle cette fois-ci.

- Il est nécessaire de laisser l'enfant faire ses expériences dans la limite d’un danger contrôlé. En s’opposant à toutes ses initiatives, vous risquez de miner sa confiance en lui .

- L’obstacle est formateur ; il importe de s’en servir pour permettre à l' enfant d’affronter le danger de manière raisonnée. Pour ce faire, il peut être utile de lui demander, avant l’obstacle, de vous expliquer comment il va s’y prendre et après la chute de lui faire expliquer les raisons de cette dernière ; c’est en nommant les difficultés que l’on apprend à les dépasser.

- Il importe, dans l’accompagnement de l’enfant, de se positionner comme une personne-ressource, à disposition pour l’aider, lui faire une démonstration ou lui donner un conseil, mais lui laissant l’espace de liberté nécessaire pour mener sa propre expérimentation.

- Evitez de tenir des discours de dénégation du type : - "ce n’est rien, tu ne t’es pas fait mal" ou au contraire des discours de culpabilisation du type : -"je te l’avais bien dit, tu vas finir par te tuer...", etc.


COMMENT APPRENDRE L'EQUITE AUX ENFANTS:

Le petit enfant considère tout objet comme lui appartenant. Entre un an et trois ans, il va découvrir la frustration et l'impossibilité non seulement de tout avoir, mais également d'obtenir immédiatement ce qu'il désire. Plus tard, entre quatre et cinq ans, il va éprouver la jalousie et la rivalité. Il devra ainsi peu à peu accepter de n'être qu'un parmi les membres de la fratrie, qu'un élève dans la classe, qu'un être dans le monde, etc. C'est ainsi que naît progressivement, par renoncements successifs, le sens de l'équité.

Je vous propose quelques réflexions à ce sujet:

- vers l'âge de 2-3 ans l'enfant commence généralement à s'arranger avec les faits et à interpréter la réalité à sa manière. Il le fait généralement par imitation de ses parents…

- le sentiment de l'injustice apparaît très tôt. Ainsi, dès l'âge de 4 ans, l'enfant commence à penser en termes de comparaisons et estime généralement de manière fréquente qu'il a moins reçu que son voisin;

- pour oser reconnaître que l'autre possède quelque chose que l'on n'a pas, il est nécessaire de savoir de manière suffisamment claire que l'on possède soi-même des objets. Pour ce faire, un processus de mise en confiance est indispensable;

- l'enfant ne connaît pas alors encore le même sens des valeurs que le vôtre. Il est donc tout à fait inutile de vous lancer dans des discours moraux. Il s'agit plutôt de lui faire expérimenter pratiquement l'échange et les vertus de ce dernier. L'équité ne s'apprend pas en un jour, mais plutôt par mouvements d'aller et retour entre une confiance qui se construit par étayage et l'apprentissage progressif du respect de l'autre.

Pour ce faire, plusieurs stratégies sont possibles:

- une excellente solution est de faire partager sa chambre à l'enfant. Bien sûr, cela n'ira pas sans certaines frictions, mais cela lui permettra de trouver une aide salutaire contre les peurs de la nuit, d'apprendre à partager et à négocier, de disposer de plus de jouets, d'expérimenter le troc, de prendre conscience de l'intérêt qu'il y a à être plusieurs pour jouer, d'apprendre le respect de l'autre et d'apprendre à se faire respecter;

- une deuxième stratégie consiste à faire dépasser le stade du c'est à moi… en constituant peu à peu dans la maison, un endroit de jeu commun où les jouets sont réputés à tout le monde et utilisés librement par le collectif;

- enfin, on ne répétera jamais assez l'importance des jeux familiaux au cours desquels parents et enfants s'affrontent, apprennent à perdre et à en rire ou à gagner ensemble. C'est là en effet le lieu idéal de la construction de l'équité et de la relativisation de ce dernier.

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