comment apprendre l'équité et le partage

Le petit enfant considère tout objet comme lui appartenant. Entre un an et trois ans, il va découvrir la frustration et l'impossibilité non seulement de tout avoir, mais également d'obtenir immédiatement ce qu'il désire. Plus tard, entre quatre et cinq ans, il va éprouver la jalousie et la rivalité. Il devra ainsi peu à peu accepter de n'être qu'un parmi les membres de la fratrie, qu'un élève dans la classe, qu'un être dans le monde, etc. C'est ainsi que naît progressivement, par renoncements successifs, le sens de l'équité.

Je vous propose quelques réflexions à ce sujet:

- vers l'âge de 2-3 ans l'enfant commence généralement à s'arranger avec les faits et à interpréter la réalité à sa manière. Il le fait généralement par imitation de ses parents…

- le sentiment de l'injustice apparaît très tôt. Ainsi, dès l'âge de 4 ans, l'enfant commence à penser en termes de comparaisons et estime généralement de manière fréquente qu'il a moins reçu que son voisin;

- pour oser reconnaître que l'autre possède quelque chose que l'on n'a pas, il est nécessaire de savoir de manière suffisamment claire que l'on possède soi-même des objets. Pour ce faire, un processus de mise en confiance est indispensable;

- l'enfant ne connaît pas alors encore le même sens des valeurs que le vôtre. Il est donc tout à fait inutile de vous lancer dans des discours moraux. Il s'agit plutôt de lui faire expérimenter pratiquement l'échange et les vertus de ce dernier. L'équité ne s'apprend pas en un jour, mais plutôt par mouvements d'aller et retour entre une confiance qui se construit par étayage et l'apprentissage progressif du respect de l'autre.

Pour ce faire, plusieurs stratégies sont possibles:

- une excellente solution est de faire partager sa chambre à l'enfant. Bien sûr, cela n'ira pas sans certaines frictions, mais cela lui permettra de trouver une aide salutaire contre les peurs de la nuit, d'apprendre à partager et à négocier, de disposer de plus de jouets, d'expérimenter le troc, de prendre conscience de l'intérêt qu'il y a à être plusieurs pour jouer, d'apprendre le respect de l'autre et d'apprendre à se faire respecter;

- une deuxième stratégie consiste à faire dépasser le stade du c'est à moi… en constituant peu à peu dans la maison, un endroit de jeu commun où les jouets sont réputés à tout le monde et utilisés librement par le collectif;

- enfin, on ne répétera jamais assez l'importance des jeux familiaux au cours desquels parents et enfants s'affrontent, apprennent à perdre et à en rire ou à gagner ensemble. C'est là en effet le lieu idéal de la construction de l'équité et de la relativisation de ce dernier.

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